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15/11/2017

« Monnaies uniques : la fin de l’histoire ? »

C’est un article assez « interpellant » de l’AFP, qui n’est pas réputée pour ses capacités intellectuelles profondément transgressives, sur les monnaies uniques en gestation, qui à force de « gestationner » n’arrivent pas à naître !

Alors que l’aventure de l’euro était la première monnaie unique de l’histoire économique post-Seconde Guerre mondiale, l’intégration économique et la globalisation auraient dû faire que l’euro ne soit pas la seule monnaie unique mais bien la première d’une longue série.

À la fin des années 90, les projets de monnaies communes fleurissaient.

« Des ambitions contrariées dans les pays du Golfe, un débat qui s’enlise en Amérique du Sud… Les projets d’union monétaire, autrefois florissants, ont aujourd’hui du plomb dans l’aile, dans un contexte de défiance envers l’euro et son modèle économique.

Plusieurs États, une seule monnaie : voilà l’avenir auquel semblaient promises plusieurs régions du monde lors de la création de l’euro, la monnaie commune européenne, mise en circulation le 1er janvier 2002 après dix ans de gestation.

“Il y avait à l’époque la volonté de mettre fin à l’instabilité des changes, à l’origine de plusieurs crises. Les monnaies uniques étaient perçues comme un gage de succès”, rappelle Fabien Tripier, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

D’autres monnaies supranationales, à cette époque, étaient pourtant déjà en place : le franc CFA, créé en 1945 et utilisé par 15 pays d’Afrique subsaharienne ; et le dollar des Caraïbes orientales, lancé en 1965 dans huit pays et territoires des Antilles.

Mais le projet européen était perçu comme inédit, au regard de son ambition. “L’objectif, c’était de créer une monnaie de référence, avec une politique monétaire indépendante et non pas arrimée à d’autres devises”, explique M. Tripier.

États en quête de leadership, pays émergents, “micro-nations”… Ce modèle, pour beaucoup, a fait figure d’exemple à suivre. “On était dans un contexte de recomposition lié à la chute du Mur. La monnaie était vue comme un instrument géopolitique”, rappelle Xavier Ragot, professeur à la Paris School of Economics (PSE) ».

Partout des projets, partout le même refus devant l’obstacle. La faute à l’euro !

Dans le monde entier donc, il y avait des projets d’union monétaire.

En Amérique du Sud, entre les pays du « Mercosur », en Asie, entre les pays de l’ASEAN, en Afrique, entre différents pays y compris utilisant le Franc CFA ou en remplacement du Franc CFA, sans oublier le CCG, qui est le Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunissant les six monarchies du Golfe.

Chaque groupe portait un projet de monnaie unique.

Or l’intérêt, au fil du temps, s’est émoussé, et les raisons sont assez simples : une union monétaire demande beaucoup de temps, car les problèmes sont les mêmes pour toutes les zones, et le premier d’entre eux consiste à coller une monnaie unique sur une zone et des pays hétérogènes.

Avec l’exemple de l’euro, tous les candidats potentiels à de telles aventures ont pu mesurer, dans le cadre d’une expérimentation grandeur nature, dans l’une des zones les plus riches du monde, les difficultés intrinsèques à un tel processus ainsi que la nécessité de l’abandon total de la souveraineté monétaire, qui est une composante essentielle de la souveraineté d’une nation.

Comprenez bien que la souveraineté n’a pas de sens en soi. La souveraineté doit se comprendre et s’entendre comme une marge de manœuvre, une possibilité d’action, une liberté d’agir comme bon vous semble, le bon vous semble devant à un moment rejoindre ou s’apparenter avec les intérêts de son peuple.

Même l’AFP reconnaît qu’une monnaie c’est tellement dur, qu’en fait pour le moment c’est presque impossible.

Et c’est assez passionnant de voir l’AFP nous expliquer que l’idée de monnaies uniques semble s’être émoussée.

« Les unions monétaires sont compliquées à construire, mais aussi à maintenir en place »
Ou encore « pendant presque une décennie, les Européens ont souffert de difficultés économiques”, avec pour certains pays des moments de terrible récession et un chômage très élevé ».

C’est vrai que dit de cette façon-là, cela ne donne pas envie.

Plus grave encore cette phrase que l‘on croirait sortie des colonnes d’Insolentiae alors qu’elle prend place dans une dépêche de l’AFP : 

Suite et source : insolentiae