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01/07/2016

Zimbabwe : la phase terminale ?

Le Zimbabwe revient pour la énième fois dans l’actualité africaine avec son cortège d’agonie sans fin, de famine et de luttes de plus en plus féroces pour le pouvoir. 

Du haut de ses quatre-vingt-douze ans, Robert Mugabe, tel Ubu roi, regarde tout cela par le petit bout de la lorgnette sans prendre la mesure du drame qui se joue sous ses yeux.

L’Union africaine, dont le président est… Robert Mugabe, se tait honteusement, préférant donner ses faveurs silencieuses à son président plutôt que de le mettre en face d’un pays ruiné par lui et sa clique gouvernementale.

Malgré la féroce répression exercée par le pouvoir contre tout ce qui n’est pas ZANU/PF (Zimbabwe African National Union – Patriotic Front/Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique), le peuple zimbabwéen est descendu dans la rue le 6 juillet pour la première fois depuis très longtemps pour manifester. Puis, mercredi dernier, une grève générale a paralysé le pays. But de l’opération : protester contre les nouvelles taxes à l’importation et la corruption de la police qui rackette à tout va des habitants qui n’ont plus aucun revenu et, pour beaucoup d’entre eux, rien à se mettre sous la dent. 

Pendant ce temps-là, la lutte pour la succession du vieux tyran se fait de plus en plus féroce entre les différents clans qui gravitent autour du palais présidentiel. Le premier, composé d’un nombre réduit de vieux « war veterans », de militaires de la première heure et de quelques apparatchiks du ZANU/PF, a pour seul but de maintenir Mugabe en vie et au pouvoir. Le deuxième s’articule autour de la personne du sinistre deuxième vice-président Emmerson Mnangagwa, qui voudrait bien être calife a la place du calife, et le troisième a les faveurs de (Dis)Grace Mugabe, la détestée épouse présidentielle.

En attendant, non seulement les caisses de l’État sont vides mais la dette du pays se monte à 10 milliards de dollars américains. Pour certains, la vie luxueuse continue comme si de rien n’était. Mugabe a visité huit pays différents depuis le début de l’année et de nouvelles Mercedes dernier cri ont été distribuées aux membres du gouvernement. Quant au deuxième vice-président, Phelekesala Mphoko, il a passé la bagatelle de 563 jours dans la suite présidentielle avec femme et nombreux enfants de l’hôtel cinq étoiles Rainbow Towers aux frais du contribuable.

Un nouvel opposant, le pasteur Evan Mawirire, a réussi à reprendre le flambeau de la lutte anti-Mugabe à la place de Morgan Tsvangirai, usé par de longues années d’opposant au Parlement et dans la rue.

Récemment libéré de prison par la Haute Cour de justice qui a surpris tout son monde en ne retenant pas les charges que le gouvernement avait émises contre lui, Mawirire représente un nouvel espoir pour une population qui n’en finit pas de mourir de faim dans l’ex-grenier de l’Afrique.


Source : bvoltaire.fr/jeanpierrelenoir/

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